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Les agriculteurs de Kyatsaba et Mandimba, accompagnés par la LOFEPACO dans le projet FO-RI, notent des avancées significatives dans la fabrication et l’utilisation des bio-pesticides et des biofertilisants dans le cadre des pratiques agroé-cologiques

Au cours des activités tenues à Kyatsaba dans le Territoire de Beni du 19 au 21 décembre 2024, dont la réunion bilan, les agriculteurs encadrés par la LOFEPACO, Lead du projet « Innovation participative des pratiques agroécologiques dans le Nord-Kivu en RDC », FO-RI, du site de Kyatsaba ont noté des avancées significatives dans la fabrication et l’utilisation des biopesticides et des biofertilisants dans le cadre des pratiques agroécologiques; lesquelles pratiques visent à promouvoir une agriculture durable et résiliente.

Au cours de la réunion bilan, Muhindo Kisoki Lukando, Chef de Programme au sein de la LOFEPACO et Coordonnateur Technique du projet FO-RI, est tout d’abord revenu sur les différents partenaires de mis en œuvre et financiers du projet « Innovation participative des pratiques agroécologiques dans le Nord-Kivu en RDC », avant de donner la conduite de l’activité. S’en est suivie l’étape de l’évaluation des activités, laquelle étape consistait à faire le point sur les activités déjà réalisées dans le site de Kyatsaba dans le cadre de la recherche action; cette évaluation a été faite ensemble avec les agriculteurs, le chercheur, l’animateur du site Kyatsaba ainsi que le coordonnateur technique du projet FO-RI. Les agriculteurs se sont librement exprimés pour récapituler tout ce qui est déjà fait.

En parlant seulement de la mise en place des champs d’expérimentation, les producteurs relèvent: « Nous avions commencé par la préparation du Champ École (CEP). Ce CEP avait été subdivisé en carrés ou mieux en petites parcelles pour l’expérimentation. Et puis nous avions cherché de l’engrais et la semence. Nous sommes passés au semis, le sarclage et nous avions effectué des suivis de ces champs. Après, nous il était question de récolter avec des résultats positifs dans la parcelle sur laquelle étaient appliquées le fumier de chèvre » ont fait savoir les agriculteurs de Kyatsaba.

Ces difficultés qui ont empêché le bon déroulement des activités

Cependant, les bénéficiaires du projet FO-RI dans le site de Kyatsaba, ont évoqué certaines difficultés qui n’ont pas permis le bon avancement des expériences. Ils ont ensuite émis certaines démarches mises en place pour faire face à ces difficultés afin d’aboutir aux résultats : « Le grand problème est que nous n’avons pas eu trop de crottes pour avoir de l’engrais. Aussi, des oiseaux ont ravagé les champs mais également des chèvres en divagation ont dévasté nos champs. Le changement climatique avec une sècheresse inattendue; voilà les différents problèmes qui nous ont empêchés d’avoir un rendement conforme ».

Et pour faire face à ces défis, ces agriculteurs envisagent :

« A la saison de mars 2025, nous allons encore réessayer comme il s’agit des pratiques continuelles. Et au cours de cette saison, nous allons tout faire pour utiliser ces crottes et renforcer le système de gardiennage. Et pour faire face à la carence des crottes, nous avons découvert une autre formule qui est en train de nous aider comme bio-fertilisant, bio-traitant et bio-pesticide. Nous sommes en train de prendre des feuilles que nous mélangeons avec la bouse de vaches et cela peut être fabriqué même au champ en plus d’autres produits que nous produisons en liquide. Nous le faisons ainsi car nous avons constaté qu’il y a carence des crottes. Nous sommes en train de prendre des feuilles qui peuvent vite pourrir. Nous prenons d’autres produits que nous enfermons dans un bidon pour une fermentation. Après environ trois ou quatre semaines vous pouvez appliquer ces produits sur les plantes. Il y a d’autres engrais que nous trouvons en mélangeant de l’eau, de la cendre, du savon et autres produits. C’est un engrais qu’on peut même utiliser le lendemain de sa fabrication. On l’utilise avant le semis mais également comme insecticide » ont ainsi partagé leurs expériences.

Le chercheur Dalmond Kathuko, du CERAVEG, un centre de recherche appuyant la démarche de la LOFEPACO dans le cadre du FO-RI, se dit satisfait du bon déroulement des activités mais également de l’assiduté manifestée par les agriculteurs. Pour lui, le résultat obtenu et présenté par les agriculteurs est vraiment une satisfaction pour la LOFEPACO et ses partenaires.

« Le plus grand résultat qui essaie de nous satisfaire c’est de voir les bénéficiaires s’approprier l’approche; ça c’est ce qui est important. Ils ont compris les défis qui les attendent et donc c’est mieux que nous puissions un peu continuer car il y a encore trop de connaissances paysannes que nous devons murir ensemble, car l’agroécologique dans son application veut que nous puissions mettre en valeur les savoirs locaux. Et quand eux-mêmes ont donné des pistes de solution; pour nous ça c’est vraiment satisfaisant » chute le chercheur Dalmond Kathuko

Signalons que des visites des champs expérimentaux en cours dans le site de Kyatsaba ont été au menu mais également l’identification des agriculteurs possédant les marécages où seront installés les champs individuels en contre-saison avant de choisir et visiter les sites où seront installés les nouveaux champs d’expérimentation.

Que pouvons-nous retenir du déroulement de la réunion bilan dans le site de Mandimba?

Du 27 au 28 Décembre 2024, ce sont les agriculteurs du site de Mandimba qui ont été autour d’une même table pour évaluer les activités. Au cours de cette réunion bilan, les agriculteurs accompagnés par la Ligue des Organisations des Femmes Paysannes du Congo LOFEPACO ont parlé du bon déroulement des activités dès le début du projet jusqu’à ces jours.

« Tout d’abord on avait visité quatre agriculteurs au sein de leurs exploitations pour apprécier la trajectoire évolutive de tout un chacun. Après, nous avions tenu une réunion au cours de laquelle nous avions évoqué les différents problèmes que nous traversons ici chez nous. Le jour suivant nous avions listés les problèmes agroécologiques et choisi ceux que nous pouvons traiter sur base de notre connaissance locale. Nous sommes passés ensuite à l’installation des CEP sur base des protocoles de recherche, pour mener des recherches. Nous avons utilisé des fumiers, des urines des lapins pour la fertilisation du sol; des piments et autres produits récoltés ici localement pour lutter contre les insectes qui attaquaient nos cultures. Après toutes ces étapes, nous sommes passés à la récolte. Après analyse de nos récoltes, nous avons constaté que là où on avait utilisé des crottes de chèvres le maïs était en bonne évolution et avaient produit une bonne quantité du maïs », ont expliqué les bénéficiaires du projet FO-RI dans ce site entretenu par la LOFEPACO.

Ces agriculteurs ont de l’autre côté déploré la carence de ces crottes, qui se négocient maintenant difficilement dans la région vue que les agriculteurs de la zone en savent déjà l’importance dans l’agriculture. « Il nous faut une solution. Presque tout le monde sait déjà que ces crottes rendent fertile le sol et favorisent la bonne production. Leurs prix sont maintenant revus à la hausse. Alors que bien avant on se procurait ces crottes à moins cher, même gratuitement, aujourd’hui il faut avoir une somme d’argent pour en avoir. C’est vraiment un sérieux problème que nous devons résoudre » ont déclaré les agriculteurs.

Cette formation des membres sur l’installation d’une compostière pour maximiser l’engrais

Au cours de la deuxième journée, les agriculteurs de ce site ont été capacités sur l’installation d’une compostière, cela dans l’objectif de les amener à faire face à la carence du fumier organique. Ces derniers ont d’abord été édifiés sur le compostage qui est un endroit où l’on fait pourrir de la matière organique, des biomasses vertes ou sèches, des fumiers des bêtes, cendre de bois et autres matières bio-fertilisantes. Le Coordinateur du projet FORI au sein de la LOFEPACO a montré aux agriculteurs que pour obtenir le compost de bonne qualité, il faut observer cette compostière pendant trois (3) à Cinq (5) mois. Il ajoute en disant que le compost est l’engrais organique pour amender le sol et contient des éléments fertilisants pour le développement des cultures au champs.

« Il peut être produit à la maison, au champ voire dans le coin du jardin. Les agriculteurs nous ont montrés que les crottes de chèvres ont été rentables. Cependant, ils se heurtent à une difficulté, celle de se procurer ces matières organiques. Et nous avons vu que c’est très important de les capaciter sur l’installation de la compostière. Nous leur avons demandé de venir avec des biomasses vertes, sèches, de la cendre, des crottes de chèvres pour son installation. Nous devons faire le suivi de cette compostière chaque semaine, on y versera de l’eau cela pour que ces matières que nous venons d’y placer puissent se décomposer rapidement »; a fait savoir KASEREKA MUHONGYA Berekia.

A la clôture des activités, les agriculteurs ont vivement salué l’accompagnement de la LOFEPACO tout en indiquant avoir acquis une connaissance sur la fabrication et l’utilisation des bio-pesticides et des biofertilisants à travers le projet FO-RI soutenu par l’Union Européenne en collaboration avec ACP et AGRICORD, sous l’exécution de 4 OP du Nord-Kivu (LOFEPACO, COOCENKI, SYDIP et FOPAC-NK) en partenariat avec le CSA (Collectif Stratégies Alimentaires) en vue de contribuer à un système alimentaire plus productif et plus durable dans le Nord Kivu en RDC.

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