La culture de manioc fait face à plusieurs menaces ces jours dans plusieurs contrées du territoire de Beni, c’est dans la province du Nord-Kivu Kivu, à l’Est de la RD Congo. Cette alerte a été faite par les agriculteurs de ce tubercule qui indiquent que cette menace se présente sous plusieurs façons. Ces agriculteurs font savoir que cette situation influence négativement la production du manioc et craignent déjà une accentuation de l’insécurité alimentaire dans la zone, vu que ce tubercule constitue un aliment de base.
C’est surtout dans les zones de Ighaviro et Kyatsaba où on assiste à cette situation qui risque de paupériser les paysans. Selon les agriculteurs, c’est depuis plusieurs saisons culturales que cette maladie a été détectée dans ces contrées. Ils parlent des insectes en couleur blanche qui attaquent cette culture, soit encore les tubercules de manioc qui pourrissent avant la phase de maturité, prenant ainsi la forme d’une bosse dans le sous-sol. Cette situation influence négativement la production se désolent les agriculteurs pratiquant le manioc.
« Quand les plantes de manioc atteignent la phase de la récolte du sombé, nous sommes en train de remarquer la présence des insectes qui empêchent la bonne évolution. Le manioc ne produit plus ; il prend la forme d’une boule dans le sol. Quand on l’arrache on constate qu’il n’y a rien » a fait savoir madame Kavira Ferdinand, une agricultrice que nous avons rencontré à Kyatsaba.
Katembo Mutiva Moïse, un autre agriculteur du manioc que nous avons rencontré à Ighaviro, parle également de cette maladie qui ravage ces jours la culture de manioc : « De fois, nous sommes en train de trouver des insectes sur la semence de manioc. Et les feuilles de manioc sont en train d’être déformées. C’est une difficulté pour nous, agriculteurs de manioc. Cette situation est en train d’influencer également la qualité de produits à récolter. Vraiment, nous craignons que cela puisse aggraver l’insécurité alimentaire ici chez nous car le manioc est un aliment de base pour nous. Il faut que les agronomes nous aident pour faire face à ces insectes. De notre part, nous ne faisons rien » ; a-t-il dit.
Que faire pour essayer de lutter contre cette maladie ? cette réponse de la LOFEPACO
Tubercule à la base de la sécurité alimentaire de millions de terriens, le manioc est attaqué par divers pathogènes, qui provoquent d’énormes pertes chez les producteurs, indique Kasereka Muhongya Berekia, agronome superviseur à la Ligue des Organisations des Femmes Paysannes du Congo (LOFEPACO), une organisation qui accompagne les agriculteurs en RDC.
« Il y a plusieurs maladies qui affectent la culture de manioc. On cite par exemple la mosaïque, l’anthracnose ; il y a aussi les maladies qui sont causées par les acariens, celles causées aussi par beaucoup de microorganismes dans le sol qui affectent la plante au niveau des racines pour rendre nulle la production » a fait savoir Kasereka Muhongya Berekia, agronome à la LOFEPACO.
Pour y faire face, ce spécialiste en agronomie conseille aux agriculteurs/ces:
« Pour la mosaïque, qui est une maladie virale, il est recommandé d’utiliser la semence de la nouvelle variété, pour ce qui concerne les maladies qui affectent les racines que les paysans appellent ‘Eshonguha’ en langue locale, les agriculteurs doivent essayer de voir si leurs sols sont encore fertiles. Et pour ce qui est de la mosaïque causée par la mouche blanche, principal agent vecteur, si on a des moyens on peut utiliser des insecticides, donc procéder par la pulvérisation du champ si l’on constate la présence de petits insectes blanc dans le champ » a-t-il chuté.
Il faut le dire, le manioc qui est régulièrement attaqué par des maladies ravageuses depuis 2000, est l’un des produits les plus consommés et les plus cultivés en République démocratique du Congo. Au moins huit ménages sur 10 l’utilisent dans l’alimentation quotidienne.